Chaque année à Perpignan, les lectures de portfolios sont l’un des moments les plus attendus du festival.
Photographes émergents, auteurs confirmés, éditeurs, directeurs photo et curateurs se retrouvent autour d’un travail photographique.
Ces échanges, souvent intenses et sincères, peuvent ouvrir des portes, bousculer des certitudes, ou simplement raviver l’envie de continuer à raconter le monde.Mais pour que la rencontre soit fructueuse, une chose est essentielle : la préparation.
Clarifier son intention
Avant de s’asseoir face à un professionnel, il faut savoir ce que l’on vient chercher.
Souhaitez-vous un avis éditorial ? Un regard critique sur un projet en cours ? Une opportunité de publication ?
Définir votre intention vous aidera à orienter votre présentation et à choisir les bons interlocuteurs.
Une lecture réussie, c’est avant tout une rencontre cohérente entre votre démarche et la sensibilité du lecteur.
Choisir la justesse plutôt que la quantité
Un portfolio n’est pas un catalogue, c’est un récit visuel.
Mieux vaut une série courte et forte qu’une succession d’images sans souffle.
Présentez 15 à 25 photographies au maximum : les plus justes, les plus personnelles.
Soignez le rythme, la cohérence, l’émotion. Laissez les images respirer.
Le lecteur doit sentir une progression, une tension, une histoire.
Soigner la forme pour servir le fond
Qu’il soit imprimé ou numérique, le portfolio doit être un écrin discret au service des images.
Les tirages papier offrent une proximité, une texture, une matérialité qu’aucun écran ne remplace — mais un PDF fluide et lisible peut tout autant convaincre.
Choisissez un format sobre, un papier de qualité, un écran calibré.
Évitez les artifices : le graphisme ne doit pas voler la lumière des photographies.
Connaître ceux que vous allez rencontrer
Une lecture de portfolio n’est pas un entretien à l’aveugle.
Renseignez-vous sur les professionnels présents : leurs publications, leurs domaines de prédilection, leur regard sur la photographie.
Un directeur photo de presse n’attendra pas la même chose qu’une commissaire d’exposition.
Adapter son discours ne signifie pas se travestir — c’est une marque de respect, et de lucidité sur le monde auquel vous vous adressez.
Trouver les mots justes
Parler de son travail est souvent aussi difficile que le produire.
Préparez quelques phrases claires sur votre démarche, votre sujet, vos choix.
Ne cherchez pas à “vendre” votre travail : racontez-le avec sincérité.
Le ton juste est celui du dialogue — pas du discours.
Laissez place aux questions, aux silences, à l’échange.
Accueillir la critique comme une chance
Les retours reçus peuvent surprendre, parfois même heurter.
Mais ils sont précieux. Chaque remarque éclaire un angle mort, chaque regard enrichit votre perception.
Ne cherchez pas à convaincre à tout prix : écoutez, notez, laissez décanter.
Une lecture de portfolio, ce n’est pas un examen : c’est une conversation autour de la photographie, avec ses doutes et ses vérités.
Prolonger la rencontre
Après la lecture, prenez le temps de remercier vos interlocuteurs.
Envoyez un message, partagez une mise à jour de votre travail quelques mois plus tard.
Les liens tissés à Perpignan, parfois en quelques minutes, peuvent devenir durables.
C’est aussi cela, l’esprit de Visa pour l’Image : une communauté vivante, curieuse, engagée, où chaque rencontre compte.
En conclusion
Préparer une lecture de portfolio, c’est apprendre à se regarder avec lucidité.
C’est un exercice exigeant, mais essentiel — une manière de confronter son regard à celui du monde.
À Visa pour l’Image, ces échanges sont au cœur du festival : des moments rares où la photographie se partage, se questionne et se réinvente.
Soyez prêt, venez ouvert et curieux.
Car parfois, une seule conversation peut changer une trajectoire
